Le rendement de l’assurance vie en 2020 a marqué un tournant pour des millions d’épargnants français : avec une moyenne de marché autour de 1,3 % net sur les fonds euros, le placement préféré des Français a touché un point bas historique. Cette année particulière, bousculée par la crise sanitaire, mérite un regard rétrospectif lucide pour comprendre ce qui s’est joué et, surtout, pour replacer ces chiffres dans la tendance jusqu’en 2025-2026. Cet article décrypte les rendements 2020, compare fonds euros et unités de compte, et tire les enseignements utiles pour vos décisions d’épargne. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital.
Le saviez-vous ? En 2020, l’encours total de l’assurance vie en France dépassait 1 750 milliards d’euros, dont la grande majorité logée sur des fonds euros. Une masse colossale dont le rendement moyen a pourtant glissé sous la barre symbolique des 1,5 % pour la première fois.
Sommaire
ToggleAssurance vie rendement 2020 : le chiffre clé à retenir
En 2020, le rendement moyen des fonds euros s’est établi autour de 1,30 % net de frais de gestion selon les données agrégées du marché, contre environ 1,46 % en 2019 et 1,80 % en 2018. Cette moyenne masque toutefois de très fortes disparités : certains contrats premium ont servi 2 % ou plus, tandis que des contrats anciens et peu compétitifs sont descendus sous 1 %.
Il est essentiel de garder à l’esprit que ces chiffres sont des moyennes de marché indicatives. Le rendement réel servi sur votre contrat dépend de l’assureur, de l’ancienneté du fonds euros, de la politique de participation aux bénéfices et de la part éventuelle d’unités de compte dans votre allocation. Deux épargnants détenant « une assurance vie » peuvent donc avoir vécu des expériences radicalement différentes en 2020.
À retenir : retenez l’ordre de grandeur de 1,3 % net en moyenne pour les fonds euros en 2020, mais ne le généralisez jamais à votre situation : le rendement varie selon le contrat, parfois du simple au double.
Pourquoi les fonds euros ont-ils tant baissé en 2020 ?
La mécanique est avant tout obligataire. Les fonds euros sont investis à plus de 80 % en obligations, principalement d’État et d’entreprises bien notées. Or, depuis 2012, les taux d’intérêt n’ont cessé de reculer, poussés par les politiques accommodantes de la Banque centrale européenne. Chaque année, les assureurs remplacent des obligations anciennes bien rémunérées par de nouvelles obligations à taux très faibles, voire négatifs.
La crise sanitaire de 2020 a amplifié ce mouvement. Pour soutenir l’économie, la BCE a renforcé ses rachats d’actifs et maintenu des taux directeurs au plancher. Résultat : le rendement des nouvelles obligations achetées par les assureurs s’est effondré, réduisant mécaniquement la capacité des fonds euros à servir des taux attractifs tout en respectant la garantie du capital.
À cela s’ajoute une pression réglementaire : les assureurs ont été incités à constituer des réserves de précaution (la fameuse provision pour participation aux bénéfices) plutôt qu’à distribuer la totalité des gains. Beaucoup ont aussi conditionné l’accès au fonds euros à un minimum d’unités de compte, afin de protéger la rentabilité de cette poche garantie.
⚠ Attention : un rendement de fonds euros affiché « brut » par un courtier n’est pas comparable à un rendement net de frais de gestion. Vérifiez toujours la base de calcul et la présence de frais sur versements avant de conclure qu’un contrat est plus performant qu’un autre.
L’évolution du rendement des fonds euros de 2018 à 2025
Pour bien situer 2020, rien ne vaut une vue d’ensemble. Le tableau ci-dessous retrace l’évolution du rendement moyen des fonds euros sur la période, en valeurs nettes de frais de gestion. Ces données sont des moyennes de marché indicatives et le rendement réel varie selon le contrat.
| Année | Rendement moyen fonds euros (net) | Tendance |
|---|---|---|
| 2018 | ~ 1,80 % | Baisse |
| 2019 | ~ 1,46 % | Baisse |
| 2020 | ~ 1,30 % | Point bas |
| 2021 | ~ 1,30 % | Stabilisation |
| 2022 | ~ 1,90 % | Reprise |
| 2023 | ~ 2,60 % | Hausse |
| 2024 | ~ 2,50 % | Plateau haut |
| 2025* | ~ 2,30 % (estimation) | Léger repli |
La lecture est limpide : 2020 et 2021 constituent le creux de la vague. À partir de 2022, la remontée des taux directeurs décidée par la BCE pour lutter contre l’inflation a redonné de l’oxygène aux fonds euros, dont les rendements se sont nettement redressés. Les meilleurs contrats ont même franchi la barre des 3 % en 2023 et 2024, parfois dopés par des bonus de rendement conditionnés à une part d’unités de compte.
💡 Astuce : si votre fonds euros sert nettement moins que la moyenne de marché, comparez avant d’agir. Un transfert Fourgous ou l’ouverture d’un nouveau contrat plus compétitif peut améliorer votre rendement sans perdre l’antériorité fiscale dans certains cas. Faites le calcul des frais avant tout arbitrage.
Fonds euros contre unités de compte : la grande divergence de 2020
2020 restera comme une année d’écart maximal entre les deux moteurs de l’assurance vie. D’un côté, des fonds euros sécurisés mais essoufflés à 1,3 % ; de l’autre, des unités de compte aux trajectoires spectaculaires. Après un krach historique en mars 2020, les marchés actions ont rebondi violemment, certaines UC technologiques terminant l’année très largement positives, quand d’autres restaient dans le rouge.
| Critère | Fonds euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Capital garanti | Oui (hors frais) | Non |
| Rendement 2020 | ~ 1,3 % net (stable) | Très variable (de -20 % à +30 % et plus) |
| Risque de perte | Faible | Élevé |
| Horizon conseillé | Court à moyen terme | Moyen à long terme |
| Supports types | Obligations | Actions, SCPI, ETF, obligations |
La leçon de 2020 n’est pas que « les UC font mieux ». C’est que le risque a un prix et un calendrier : un épargnant ayant paniqué en mars 2020 et vendu ses unités de compte a cristallisé ses pertes, tandis que celui qui a tenu sa position a souvent vu la situation se redresser. La diversification et l’horizon de placement sont les véritables clés.
Le rôle des SCPI et de l’immobilier dans les contrats 2020
Au-delà du duo fonds euros / actions, les SCPI en assurance vie ont joué un rôle d’amortisseur en 2020. Avec des taux de distribution souvent compris entre 4 % et 4,5 % cette année-là, l’immobilier de bureaux, de commerces et de santé a offert un rendement supérieur aux fonds euros, tout en restant moins volatil que les actions. Attention toutefois : la performance d’une SCPI en assurance vie est minorée par les frais de l’enveloppe et reste exposée au risque immobilier.
Les SCPI logées en unités de compte ne garantissent pas le capital et leur valeur peut baisser, comme l’ont montré certaines corrections sur l’immobilier de bureaux après 2022. Elles n’en restent pas moins un outil de diversification intéressant pour qui cherche un compromis entre rendement et risque modéré, dans une logique de revenus complémentaires réguliers.
Le saviez-vous ? En 2020, alors que les fonds euros peinaient à 1,3 %, le rendement moyen des SCPI tournait autour de 4,18 % selon les chiffres de la profession. Un écart qui explique l’engouement pour l’immobilier papier dans les contrats multisupports.
Assurance vie ou PEA : que disait le rendement 2020 ?
2020 a aussi ravivé le débat entre l’assurance vie et le PEA. Le Plan d’Épargne en Actions, 100 % investi en actions européennes, a connu en 2020 les mêmes montagnes russes que les marchés : forte chute puis rebond. Sur l’année, un PEA bien diversifié a pu terminer proche de l’équilibre ou en légère hausse, là où le fonds euros plafonnait à 1,3 %.
Mais comparer les deux enveloppes sur une seule année est trompeur. Le PEA brille sur le long terme grâce à sa fiscalité avantageuse après cinq ans et son potentiel de performance actions. L’assurance vie, elle, offre une souplesse supérieure (choix entre sécurité et risque), une fiscalité attractive après huit ans et un cadre de transmission unique. Les deux ne s’opposent pas : ils se complètent dans une stratégie patrimoniale construite autour des dividendes et de la diversification.
| Critère | Assurance vie | PEA |
|---|---|---|
| Supports | Fonds euros, UC, SCPI, ETF | Actions et fonds européens |
| Capital garanti | Possible (fonds euros) | Non |
| Fiscalité avantageuse | Après 8 ans | Après 5 ans |
| Plafond de versement | Aucun | 150 000 € |
| Transmission | Cadre privilégié | Droit commun |
Quelle fiscalité s’appliquait au rendement de l’assurance vie en 2020 ?
Comprendre le rendement net de votre assurance vie suppose d’intégrer la fiscalité. En 2020, les gains restaient soumis, en cas de rachat, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (le « flat tax », incluant 17,2 % de prélèvements sociaux) pour les versements postérieurs à septembre 2017. Mais après huit ans de détention, l’épargnant bénéficiait d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, et d’un taux réduit sur une partie des produits.
Autrement dit, un fonds euros à 1,3 % brut conserve l’essentiel de son rendement si le contrat a plus de huit ans et que les retraits restent sous l’abattement. C’est tout l’intérêt de prendre date tôt sur un contrat, même avec un petit versement, pour faire courir le compteur fiscal. Cette mécanique varie selon le contrat et la date des versements ; un conseil personnalisé reste recommandé.
À retenir : le rendement affiché n’est pas le rendement perçu. Frais de gestion, frais sur versements et fiscalité au rachat creusent l’écart. En 2020, un fonds euros à 1,3 % net de gestion mais chargé de 3 % de frais sur versement mettait plus de deux ans à simplement rembourser ces frais d’entrée.
Les leçons de 2020 pour vos décisions d’épargne en 2026
Avec le recul, 2020 enseigne trois choses. D’abord, le rendement des fonds euros est cyclique : il a touché un plancher puis est remonté avec les taux. Ensuite, la diversification entre fonds euros, unités de compte, SCPI et ETF est la meilleure réponse à l’incertitude. Enfin, les frais et la fiscalité pèsent autant que le rendement brut dans la performance finale.
En 2026, le contexte de taux plus élevés qu’en 2020 a redonné de l’attrait au fonds euros, sans pour autant rendre obsolètes les supports dynamiques. La stratégie gagnante n’est pas de courir après le meilleur rendement d’une année isolée, mais de bâtir une allocation cohérente avec votre horizon, votre besoin de liquidité et votre tolérance au risque. C’est exactement la logique d’une approche patrimoniale fondée sur les dividendes et les revenus passifs.
💡 Astuce : avant tout arbitrage, demandez à votre assureur le rendement servi historique de votre fonds euros sur cinq ans. Un fonds régulièrement sous la moyenne de marché est un signal d’alerte. Comparez aussi les frais de gestion sur unités de compte, souvent invisibles mais déterminants sur le long terme.
FAQ : assurance vie et rendement 2020
Quel a été le rendement moyen de l’assurance vie en 2020 ?
Le rendement moyen des fonds euros s’est établi autour de 1,3 % net de frais de gestion en 2020, contre environ 1,46 % en 2019. Ce chiffre est une moyenne indicative : la performance réelle varie selon le contrat et l’assureur.
Pourquoi le rendement des fonds euros a-t-il baissé en 2020 ?
Parce que les fonds euros sont majoritairement obligataires. La baisse continue des taux d’intérêt, accentuée par la crise sanitaire et les politiques de la BCE, a réduit le rendement des nouvelles obligations achetées par les assureurs.
Les unités de compte ont-elles mieux performé que les fonds euros en 2020 ?
Cela dépend des supports. Certaines unités de compte actions ont fortement rebondi après le krach de mars 2020, d’autres ont terminé en perte. Contrairement aux fonds euros, elles ne garantissent pas le capital et comportent un risque de perte.
Le rendement 2020 est-il représentatif des années suivantes ?
Non. 2020 marque un point bas. Dès 2022, la remontée des taux a fait remonter les rendements vers 2,5 % à 3,5 % sur les meilleurs contrats en 2023-2024. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Faut-il privilégier les fonds euros ou les unités de compte ?
Tout dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque. Les fonds euros sécurisent le capital, les unités de compte visent plus de potentiel contre un risque de perte. Une allocation équilibrée se construit selon votre situation.
L’assurance vie reste-t-elle intéressante malgré ces rendements ?
Oui, grâce à sa fiscalité avantageuse après huit ans, sa souplesse et son cadre de transmission. Elle demeure une enveloppe pertinente pour diversifier son patrimoine, à condition de bien choisir contrat et supports.
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Article rédigé par la rédaction de Portefeuille Dividendes — mis à jour le 3 juin 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital.
